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nouvelle : Le chemin de la liberté

 
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noorvensen Sexe::Masculin
L'Etoile Chihi


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MessagePosté le: 08 Mar 2007, 14:32
Sujet du message: nouvelle : Le chemin de la liberté
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voila je presente donc mes nouvelles....
celle ci est la toute premiere que j'ai ecrite, c'etait le 1er decembre 2004.
Je n'ai pas ecrit pour un concours, je ne l'ai jamais fait d'ailleurs pour aucun de mes textes, mais j'avais ecrit ca pour le faire lire a mon entourage pour sensibiliser un peu les gens sur le probleme.....
Bon l'ecriture n'est pas parfaite, certaines tournure sont un peu maladroites, la fin de la nouvelle peut paraître assez "sombrement romantisée" mais bon l'essentiel c'est que mon message soit percu.
PS: la scene de la dispute au milieu du texte est tirée de la réalité. Je dis ca car la scene etait tellement violente que ca a donne a certains une impression de ne pas etre très réel alors que si, en fait.
PS bis: attention donc, le texte est un peu violent, je prefere prevenir....


Le chemin de la liberté

« - NOOOOOOOONNNNNN ! ! ! ! ! PAPA ! ! ! ! ! ! JE T’EN SUPPLIE ! ! ! ! ! !
- BARRE-TOI ! ! ! ! DEGAGE ! ! ! ! ! TU VEUX QUE JE TE FRAPPE ? ? ? ? ? ? ? ? HEIN ? ? ? ? ?

- MAIS PAPA ! ! ! ! IL FAIT MOINS VINGT DEHORS ! ! ! ! !

- FERME-LA ! ! ! ! !

- MAIS…..

- JE T’AI DIT DE LA FERMER ! ! ! ! ! »

Le père serra plus fermement le tisonnier qu’il avait en main. Ses yeux étaient explosés et sortaient de leurs orbites. La bave coulait de sa bouche et formait une immonde trace blanche autour de ses lèvres. Il puait l’alcool. Il la frappa de toutes ses forces. Elle cria de terreur. Le tisonnier s’abattit sur elle avec une violence inouïe. Elle hurla et s’écroula sur le sol gelé, se tordant de douleur. Son visage ruisselait de larmes et son corps était pris de violents spasmes. Elle était entièrement recouverte d’ecchymoses. Elle n’en pouvait plus. Elle voulait que tout s’arrête. « DEGAGE ! ! ! ! ! ! FOUS-MOI LE CAMP ! ! ! ! » Beugla-t-il. Il la frappa à nouveau plusieurs fois avec la monstrueuse barre de fer éclaboussée de sang. Il jeta soudainement l’horrible instrument. Celui-ci alla briser une vitre derrière lui. Le père se mit alors à lui donner de violents coups de pied dans le ventre et au visage. Il était surexcité et bavait encore plus de rage et très certainement de plaisir. Elle était paralysée. Paralysée de peur. Paralysée de douleur. Elle n’était plus qu’une immense surface rouge et tremblante. Elle ne pouvait même plus crier. Ses cris donnaient place à un son rauque et étouffé. Le père ouvrit la porte d’entrée de la maison. Il recommença à la frapper dans le ventre de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il réussisse à la faire rouler violemment hors de la maison. Elle heurta violemment le goudron enneigé. Il lui cracha dessus et la frappa encore plusieurs fois au visage et dans le ventre avant de refermer violemment la porte.

Il faisait extrêmement froid. Elle était habillée d’un simple pyjama et le thermomètre atteignait les moins vingt et un. Son corps devenait bleu. Elle avait énormément de mal à respirer. Ses yeux étaient grand ouverts. Elle était incapable de se lever. Elle ne put faire autre chose que trembler de froid. La neige autour d’elle commença à prendre une teinte rouge. Elle était extrêmement faible. Son visage s’enfonça dans la neige glaciale. Elle savait qu’à présent c’était fini pour elle. Elle se voyait mourir petit à petit. Elle, qui n’avait jamais arrêté de souffrir de toute sa vie. Elle était née dans la violence. Elle serait morte dans la violence. Elle, à qui son père lui avait déjà tout volé. Son enfance. Sa jeunesse. Son insouciance. Sa joie de vivre. Son bonheur. Son sourire. Sa santé. Sa virginité. Tout ! Sa vie n’était qu’un torrent de sang, de cris et de larmes. Rouée de coups dès deux ans. Violée dès quatre ans. Obligée à dormir dehors dès six ans. Ca ne s’est jamais arrêté. Sa mère subissait le même traitement par ce même monstre. Elles n’y pouvaient rien. Elles avaient trop peur de lui pour en parler à d’autres personnes. Elle avait déjà essayé une seule fois de porter plainte à la police, mais on ne l’avait pas écoutée. On ne l’a jamais écoutée. Elles ne faisaient rien d’autre que subir. Elle avait beau implorer la pitié, cela ne faisait qu’accroître la folle jouissance de ce monstre. Plus elle suppliait, plus elle était rouée de coups. Elle se sentait sale. Sale de l’extérieur. Sale de l’intérieur. Plus jamais elle ne pourrait se regarder en face sans penser une seule seconde à ces tortures. Plus jamais elle ne pourrait réserver sa virginité pour celui qu’elle aimerait. Plus jamais elle ne pourrait se regarder dans une glace sans poser le regard sur toutes les cicatrices et toutes les marques qui recouvraient son corps entier. Tout cela était fini depuis bien longtemps. Elle se trouvait dans une prison dont elle ne pourrait jamais ressortir. Elle ne serait jamais libre. Elle serait toujours prisonnière du désespoir et de l’horreur. Aujourd’hui aussi, il s’en est pris à elle. Et à sa mère. Il l’a frappée. Elle. Elle n’a pas arrêté de crier, et il l’a tirée par les cheveux pour aller dans leur chambre, puis le père a continué à crier. Elle ne savait rien d’autre. Elle espéra de tout son cœur qu’il ne l’avait pas tuée.



Une femme d’une cinquantaine d’années passa en voiture près de la maison lorsqu’elle l’aperçut. Elle s’arrêta aussitôt. Elle fut horrifiée à la vue de la pauvre fille. Elle l’emmena tout de suite à l’hôpital, sans se préoccuper du reste…La fillette avait perdu connaissance.

Le lendemain matin, elle se réveilla dans un lit blanc. La chaleur l’envahit. Elle regarda autour d’elle. Tout était blanc. Blanc et chaud. Une femme vint vers elle. Elle comprit après quelques secondes qu’elle était infirmière. Elle demandait où elle était et quel jour c’était. On lui répondit qu’elle se trouvait à l’hôpital de Honningsvåg, et que c’était le 25 décembre. 10h10 du matin. Elle alla passer une radiographie et se fît poser un plâtre et de nombreux bandages tout autour du corps. On lui annonça que l’après-midi, elle allait recevoir la visite d’un inspecteur de police. On lui demanda si elle se sentait apte à répondre à ses questions. Elle baissa la tête et acquiesça. Le midi, elle put manger en paix pour l’une des rares fois de sa vie. Un repas aux allures de Noël. Avec salade de saumon fumé en entrée, dinde en repas principal, et chocolats en dessert. Le premier Noël de toute sa vie qu’elle put passer enfin en paix, sans cris, sans violence, sans coups, sans viol, sans froid. Elle éclata en sanglots devant son repas, en pensant aussi à sa pauvre maman.

Vint l’interrogatoire dans l’après-midi. Elle parla d’une voix très faible, le visage exprimant de la pitié à l’inspecteur de police qui venait d’arriver à son chevet. C’était un homme d’une quarantaine d’années. Il parla d’une voix extrêmement douce et rassurante, si bien qu’elle eut l’impression qu’il chuchota. Cette voix était tellement agréable à ses oreilles !

«- Bonjour. Je suis l’inspecteur Stein Ove Borger……..tu peux m’appeler Stein…….…tu va mieux ?

- Un peu mieux………..

- Bien………il va falloir que tu me racontes ce qu’il s’est passé……je vais te poser quelques questions auxquelles il te faudra répondre…….tu veux bien ?……(Elle acquiesça silencieusement d’un signe de tête)……..bien……allons-y………comment tu t’appelles ?

- Kristina Halvik.

- Tu as quel âge ?

- J’ai 12 ans.

- Tu es née quand et où ?

- 27 octobre 1992 à Honningsvåg.

- Hm….. tu habites ici aussi, je crois ?

- Oui…….

- Bien…….tu peux me raconter ce qu’il s’est passé hier dans la nuit?……si tu te sens, bien entendu………

- ……………ça a commencé quand mon père est rentré saoul………il a voulu me violer mais m’a mère s’est interposée. ……………


* * *

« - NOON!!! CETTE FOIS-CI, TU NE LA VIOLERAS PAS!! SALE PORC!!

- QU..QUOI?????

- T’AS QU’AS LE FAIRE SUR MOI!! HEIN?? ALLEZ!! VIENS!!! T’AS LA TROUILLE OU QUOI??? SALE PORC!!!!! ALLEZ!!! BAISE-MOI!!! QU’EST-CE QUE T’ATTENDS??? T’AS LA TROUILLE, C’EST CA???

- SALOOOOOOOOPE ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !(Il la frappa avec le tisonnier aussi fort qu’il put. Elle hurla de douleur, mais parvient à se redresser au bout d’un petit moment, tremblante).

- MAMAN ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

- T’AS VU ? JE SUIS RESISTANTE ! HEIN ? C’EST MIEUX QUAND ON TABASSE UNE FEMME ! ! ON PEUT LA VOIR AGONISER PLUS LONGTEMPS ! !C’EST PLUS JOUISSIF ! ! ! ! HEIN ? ? ? T’AIME CA, HEIN ? ? ? SURTOUT LES COUPS DE PIED DANS LE VENTRE ! ! ! T’ADORE CA, PAS VRAI ? ? ? ? ?

- T’EN VEUX ENCORE ? ? ? (Il la frappa à nouveau avec la même immondice. Elle se releva, malgré la douleur et les plaies ouvertes, encore plus tremblante).

- MAMAN ! ! ! ! ! JE T’EN PRIE ! ! ! ARRETE ! ! ! ! ! !

- TU VOIS ? ? ? ? JE SUIS ENCORE DEBOUT ! ! ! ! TABASSE-MOI ENCORE ! ! ! JE SUIS PAS ASSEZ COUVERTE DE SANG ! ! ! ! ALLEZ ! ! ! ! ! ! A MOINS QUE TU PREFERES ME BAISER ? ? ? ! ! ! NON ? ? ? T’AS PAS ENVIE ? ? ? JE TE FAIS PAS ENVIE ? ? ? OU BIEN T’AS PAS LE CRAN DE LE FAIRE ? ? ? ? ?

- TU VAS LA FERMER, SALE PUTE ? ? ? ? ? ?! ! ! ! ! ! (Il la frappa encore plusieurs fois très violemment. Elle parvint à se relever. Elle était couverte de sang et tenait à peine sur ses jambes, tremblant de tout son corps).

- MAMAN ! ! ! ARRETE ! ! ! ! ! JE T’EN SUPPLIE ! !…..

- TU PUES L’ALCOOL, EN PLUS DE CA ! ! ! TU ES IMMONDE ! ! ! !

- MAMAN, ARRETE ! ! !

- NON, MA CHERIE ! LAISSE-MOI ! ! JE VEUX QU’IL COMPRENNE BIEN CE QUE J’AI A LUI DIRE ! ! !

- ARRETE ! ! MAMAN ! ! ! IL VA FINIR PAR TE TUER ! ! !

- ALORS ? ? ? ? JE SUIS COUVERTE DE SANG ! ! ! TU PEUX ME BAISER, MAINTENANT ! ! ! ! JE SUIS EN BONNES CONDITIONS ! ! ! ALLEZ, GROS PORC ! ! ! ! T’AS PAS LE CRAN C’EST CA ? ? ? ? TU PREFERES MA FILLE ? ? ? ? ELLE EST PLUS FAIBLE ! ! ! C’EST MIEUX, HEIN ? ? ?

- TU LA FEEEEEERMES ! ! ! ! ! ! ! ! ! (Il lui assena un coup terrible au cou. Elle s’écroula sur le sol).

- MAMAN ! ! ! NOOOOOON ! ! ! ! !

- FERME-LAAAA ! ! ! ! ! ! ! ! »

Il se retourna vers sa fille pour lui porter un violent coup de tisonnier sur le flanc. Elle hurla de douleur et s’écroula par terre. Il tira la mère agonisante par les cheveux et grimpa les escaliers jusqu’à sa chambre où il s’enferma avec elle et où il continua à crier.


* * *

- …….( Elle éclata en sanglots)……….Hm………….Et ensuite ?……………. Que s’est-il passé ?……………

- Il est redescendu et m’a dit de dégager. Il m’a frappée partout. Au ventre et au visage, surtout ! Il m’a frappée jusqu’à ce que je sois dehors et il a continué à me frapper avant de refermer la porte.

- Hm……….et ensuite ?…….

- Je ne sais rien d’autre……..je me suis retrouvée ici……..

- Bien………merci beaucoup, Kristina…………tu es courageuse………

- Vous savez comment va ma mère ?

- Helga Halvik ? C’est bien ça ?……….

- Oui………elle va bien, n’est-ce pas ? ? ?

- ………………………..Nous avons arrêté ton père. Il est en prison. Il ne te fera plus jamais de mal……

- Maman ?………….Elle est où ?……….Elle va bien ?…….Fit-elle, larmoyante.

- Elle…………………….(Il poussa un très long soupir).

- Elle est morte?…………….(L’inspecteur se résigna à lui cacher la vérité et hocha la tête, silencieux, ne sachant que dire. Aucun mot n’était valable pour décrire une telle souffrance, aussi le silence fut-il la meilleure réponse possible. Il resta silencieux pendant un petit moment, alors qu’elle sanglota en poussant des gémissements déchirants).

- …………Tu n’es pas obligée d’assister au procès………. Je me charge de tout………Tu pourras aller dans un foyer où tu pourras avoir une vie plus paisible…………Je te le promets……..

- …………………….. Je voudrais voir ma maman !………….Fit-elle, rassemblant tout son courage, les yeux en pleurs et la voix frêle.

- Je ne peux pas……….le médecin doit l’examiner pour dire comment elle est décédée…….ça servira comme preuve au procès…….. tu comprends ?……….

- Je veux la voir………………..

- …………Ce n’est pas très beau à voir………………

- Je veux la voir……..

- ………bien………….tu veux y aller maintenant ?……….(Elle hocha la tête)………..Tu en es vraiment sûre ?……….. tu seras prête à affronter une telle épreuve ?……….

- Je veux juste la voir……………maintenant………..

- …………..Bien……….. attends….je vais appeler une infirmière, dans ce cas……. (Il s’éclipsa quelques instants et revint accompagné d’une infirmière).

- Bonsoir. Fit l’infirmière à Kristina. Ainsi, tu…..tu veux aller voir ta maman ?………

- Oui !…….Fit-elle, en s’énervant, toujours en pleurs.

- Bien……….tu penses pouvoir marcher ?

- Oui !……………………

- ……………je…….je suis désolée pour ta maman…………(Kristina resta silencieuse). Bien, monsieur l’inspecteur…….écoutez……ça m’embarrasse vraiment qu’elle aille voir le corps de sa mère…….

- Moi aussi……....mais je n’ose pas refuser…….elle veut absolument voir sa mère……

- Elle est trop jeune pour ce genre de choses……..

- Vous pouvez lui dire, vous ?…… « Non, tu ne peux pas la voir ! » ?

- (Elle poussa un long soupir)…….pauvre petite. Faites en sorte que ce ne soit pas trop dur à regarder pour elle. D’accord ?

- Ne vous inquiétez pas pour ça.

- Bon…….mais vous me promettez de me la ramener vers 18 heures grand maximum.

- Promis…… »

Ils furent bientôt à la morgue. L’inspecteur alla parler seul à seul avec le médecin légiste pour lui expliquer la situation : ……..

« - Bien, je vais recouvrir les parties amochées de la tête…..ça va pas être évident, elle a le crâne défoncé…….

- ………elle est morte de quoi, très exactement ?

- D’un coup violent porté sur la tempe gauche qui a provoqué une hémorragie cérébrale. Avec le tisonnier. Mais ce n’est pas le pire.

- Quoi d’autre ?

- Son agresseur s’est acharné sur elle comme un enragé. Son crâne est défoncé à l’arrière, et au niveau de chacune des tempes. Et ce n’est pas tout. Elle a une énorme marque au niveau du coup. Un coup sérieux. De plus, la peau du ventre tient à peine. C’est tout juste s’il ne l’a pas éventrée. Autre chose aussi, elle a des marques et des cicatrices sur tout le corps. D’anciennes, mais aussi qui datent de sa mort.

- Je m’en suis douté. J’ai vu le spectacle. La salle était remplie de sang, partout sur les murs, sur le sol……c’est horrible……..

- Ce n’est pas tout………

- Quoi d’autre ?

- Elle a été violée…………..après sa mort.

- ………… mon dieu…….bon écoute, montre-lui quelques instants et remets le corps en place…..

- D’accord……. »

Le médecin légiste sortit le corps, et sa fille s’approcha. Elle avait les larmes aux yeux. On lui demanda une dernière fois si elle voulait la voir. Elle répondit que oui. Le médecin souleva le drap, découvrant le visage à demi couvert de sa mère. Elle fondit en larmes, la regarda pendant quelques secondes et déposa un dernier baiser sur la joue de sa défunte mère avant que le médecin ne la recouvre. Elle s’écroula brutalement et manqua de s’évanouir de chagrin. L’inspecteur Borger la rattrapa dans ses bras avant qu’elle ne heurte le sol. Elle n’en pouvait plus. Elle se laissa finalement s’évanouir, à bout de forces.

L’inspecteur Borger la ramena à l’hôpital et dû s’expliquer de son état devant l’infirmière, ce après quoi il repartit.

Elle se réveilla dans la nuit. Elle était allongée dans son lit. Il faisait nuit noire mais malgré cela, elle y voyait assez bien. La tempête faisait rage dehors. Le vent soufflait violemment. Il tombait toujours autant de neige. Elle se sentait chanceuse d’être au chaud et au calme, alors qu’elle avait toujours connu le froid. Elle recommença à pleurer et fît tout pour se retenir pour ne pas éclater en sanglots. Elle avait tellement mal ! Son cœur lui semblait dur comme de la pierre et battait lourdement, chaque pulsation lui était une douleur insupportable, sa gorge était sèche et resserrée et son estomac, noué comme un nœud de marin. Le visage de sa mère la hanta durant toute la nuit. A bout de forces, son esprit finit par s’évanouir dans le noir.

Elle se réveilla le lendemain pour le déjeuner, et quand elle eut fini son repas qu’elle avait timidement grignoté pour en laisser la majorité du contenu, avant qu’il fasse à nouveau nuit, Kristina demanda à son infirmière si elle pouvait être emmenée jusqu’à la falaise du fjord pendant une heure, afin de se recueillir et de rendre hommage à sa mère. Cette dernière accepta et la fillette fut confiée à la personne adéquate. Kristina fut emmenée dans un fauteuil roulant, afin qu’elle ne s’épuise pas. La falaise n’était pas très loin de l’hôpital. Avant d’y parvenir, elle demanda à acheter deux chrysanthèmes, ce qui fut accepté. Une fois près de la falaise, elle demanda à rester seule un moment. Elle réussit à négocier le fait qu’elle soit laissée seule et reprise une heure plus tard pour être ramenée à l’hôpital. A présent, elle était seule.

Seule face à l’océan glacial arctique. Seule face au pole nord. Seule face aux glaciers de la banquise hivernale encore plus au nord. Seule face à l’infini.

Tout ce qu’elle avait vécu était tellement injuste. Elle venait de perdre la seule personne qui lui était chère. Et d’une horrible façon. Elle le savait. Elle avait entendu la conversation entre l’inspecteur et le médecin légiste. Mais elle ne leur en voulait pas. Elle comprenait tout à fait.

Il était midi pile. Il faisait encore jour. Un jour assombri par de lourds nuages. Un ciel gris, presque noir. Il neigeait et pleuvait en même temps. Un phénomène que l’on appelle en Norvège «sludd ».

Elle se remémora toute sa vie. Tous les cauchemars qu’elle a du vivre. Que sa mère a du vivre. Elle avait tellement mal au cœur d’avoir un tel monstre comme père ! Elle se souvenait que sa mère lui avait dit un jour qu’elle était allée chez le notaire pour faire un testament. Qu’elle lui avait demandé si elle était d’accord, si elle voulait elle aussi la même chose. Elle avait répondu oui. Et que ainsi, lorsqu’elles seraient mortes, leurs corps seraient incinérés et leurs cendres jetées dans la mer arctique. Sa mère allait faire partie des glaces polaires, maintenant. Elle allait enfin être en paix. En arctique. L’un des rares lieux qui soient encore à peu près vierges et respectés. Elle se remémora le visage de sa mère morte. Cette image serait gravée à jamais dans sa mémoire. Comme l’étaient les cicatrices sur son corps. Comme l’était sa virginité rompue, violée. Elle se remémora comment sa mère avait réagi l’avant-veille, en se sacrifiant pour lui éviter de souffrir une nouvelle fois. En donnant sa vie pour essayer de préserver la sienne. Elle y pensa sans arrêt. C’était tellement difficile, pour elle. Elle se sentait tellement faible ! Tellement sale ! Tellement désemparée ! Elle sentait qu’elle n’avait plus la force de lutter. Son père l’avait trop détruite pour combattre plus longtemps. Tout était fini. Elle le savait. Elle savait qu’une nouvelle vie était prête à lui tendre les bras. Son état ne pouvait que s’améliorer. A moins qu’elle ne retombe dans l’enfer des hommes. Dans ce monde pourri où les hommes sont principalement des porcs dégueulasses et des monstres, et dans lequel personne ne connaît rien à la pitié. Son passé l’avait rattrapée depuis longtemps. Ses blessures, elles, seraient toujours là. Quoi qu’il arrive. Elle ne serait plus jamais propre. Son histoire était gravée dans son corps. Elle se remémorerait à chaque instant ce qu’elle avait du subir. Chaque marque. Chaque cicatrice. Chaque mal de ventre. Chaque fois qu’elle se déshabillerait. Chaque fois qu’elle se rhabillerait. Chaque fois qu’elle prendrait sa douche. Chaque fois qu’elle utiliserait un tampon hygiénique. L’horreur serait en sa mémoire en permanence.

Elle écouta longtemps le bruit des vagues. Il faisait très frais, en ce 26 décembre. Un peu de vent. Des larmes coulèrent sur ses joues. Elle se rapprocha jusqu’au bord de la falaise. D’un geste gracieux, elle jeta les deux chrysanthèmes blancs dans l’océan. Comme un symbole éternel entre sa mère et elle. La seule personne qui la comprenait. Sa seule amie sur qui elle pouvait vraiment compter. Il fallait à présent qu’elle se libère de cette prison qui la retenait depuis si longtemps. Il fallait qu’elle en finisse avec toutes ces horreurs. « Pardon maman !……Je ne peux plus…… je souffre trop……je dois me libérer de cette prison, maman……je te remercie d’exister pour moi, maman ! Oh ! Pauvre maman ! Tu as tellement souffert ! Nous avons tellement souffert toutes les deux ! J’espère que tu me pardonnes ! Maintenant, nous serons ensemble ! Pour toujours ! Merci, maman ! Merci ! ».

Elle se leva de son fauteuil roulant, respira fortement, et se jeta dans le vide du bord de la falaise. Sa tête heurta violemment les rochers. Elle mourut sur le coup et son corps fut emporté vers les glaces, dans l’infini de l’océan.

Elle venait de s’affranchir de ce monde. Elle était enfin libre.
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MessagePosté le: 08 Mar 2007, 16:07
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C’est assez spécial… et vraiment très violent. Je trouve même qu’il y a des détails qui auraient le mérite de n’être pas rajouté, car à force, on une description de la violence pour la violence, et non pas pour une dénonciation.

La fin est aussi très pessimiste, je le suis aussi par nature, mais pas jusqu’au suicide. Surtout pour une fille de douze ans, je ne pense pas qu’on puisse en arriver à une telle extrémité, comme si la délivrance ne passe obligatoirement que par la mort. Enfin, c’est ce que veux aussi dire le titre de la nouvelle, donc, cela exclu le bonheur terrestre, du moins sa recherche. C’est surtout en cela que c’est profondément pessimiste.
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MessagePosté le: 08 Mar 2007, 16:30
Sujet du message:
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merci de m'avoir lu ^^
En fait, j'ai justement mis tous les détails possibles pour créer un choc au lecteur et pour qu'il se rende compte de tous les effets que ca peut engendrer. La fin pessimiste m'a semblé la meilleure fin possible car j'ai voulu faire passer un message : arrivé à un certain niveau de violence, toute la réalité change, et tout se transforme en quelque chose de totalement différent de ce que l'on connait. Ce qui amène a des réactions bizarres, voire meme choquantes. (evidemment le suicide est romancé mais si je me souviens bien j'avais pris connaissance de deux/trois cas comme ca ou des enfants tres jeunes s'etaient suicidés, comme quoi meme si c'est tres rare, l'esprit humain reste insondable certaines fois). Aussi, certains traumatismes semblent selon les personnes quasiment impossibles à réparer, quoi que l'on fasse; C'est ce que j'ai voulu montrer avec le passage des cicatrices. Ainsi, meme si le malheur de la personne a pris fin, l'impact psychologique continue toujours.
J'ai tenté ici le risque de mettre beaucoup de violence, mais justement celle-ci n'est pas gratuite (en tout cas ce n'est pas mon intention), mais j'ai voulu essayer de faire ressentir la meme souffrance au lecteur pour qu'il puisse réaliser aussi que certaines fois, dans ce genre de violences familiales, certaines victime ne peuvent helas pas faire grand chose.....
C'est un peu une sorte de mythe également que j'ai voulu briser.....

edit: oui j'ai oublié de préciser, aussi, des fois, le niveau de violence devient tel qu'à un moment il devient tres difficile de cerner la situation, pour une personne en général, alors que bien souvent, la violence semble dépasser les limites de notre imagination dans certaines situations extremes. Le titre est en effet révélateur, car c'est à la fois cette solution dont tu parles mais aussi une triste ironie car quand la mort devient une liberté, surtout pour quelqu'un d'aussi jeune, c'est que la situation est vraiment des plus urgentes. C'est aussi pour ce double aspect que j'ai choisi ce titre. Voilà je crois ne rien avoir oublié. Je suis la si tu as d'autres questions.
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