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noorvensen  L'Etoile Chihi

 Dirigeant
Age: 25 Inscrit le: 05 Mar 2007 Messages: 137 Localisation: sammen med kjæresta mi
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Posté le: 08 Mar 2007, 14:32
Sujet du message: nouvelle : Le chemin de la liberté |
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voila je presente donc mes nouvelles....
celle ci est la toute premiere que j'ai ecrite,
c'etait le 1er decembre 2004.
Je n'ai pas ecrit pour un concours, je ne l'ai
jamais fait d'ailleurs pour aucun de mes textes,
mais j'avais ecrit ca pour le faire lire a mon
entourage pour sensibiliser un peu les gens sur le
probleme.....
Bon l'ecriture n'est pas parfaite, certaines
tournure sont un peu maladroites, la fin de la
nouvelle peut paraître assez "sombrement
romantisée" mais bon l'essentiel c'est que
mon message soit percu.
PS: la scene de la dispute au milieu du texte est
tirée de la réalité. Je dis ca car la scene etait
tellement violente que ca a donne a certains une
impression de ne pas etre très réel alors que si,
en fait.
PS bis: attention donc, le texte est un peu
violent, je prefere prevenir....
Le chemin
de la liberté
« - NOOOOOOOONNNNNN ! ! ! ! ! PAPA ! ! ! ! ! ! JE
T’EN SUPPLIE ! ! ! ! ! !
- BARRE-TOI ! ! ! ! DEGAGE ! ! ! ! ! TU VEUX QUE
JE TE FRAPPE ? ? ? ? ? ? ? ? HEIN ? ? ? ? ?
- MAIS PAPA ! ! ! ! IL FAIT MOINS VINGT DEHORS ! !
! ! !
- FERME-LA ! ! ! ! !
- MAIS…..
- JE T’AI DIT DE LA FERMER ! ! ! ! ! »
Le père serra plus fermement le tisonnier qu’il
avait en main. Ses yeux étaient explosés et
sortaient de leurs orbites. La bave coulait de sa
bouche et formait une immonde trace blanche autour
de ses lèvres. Il puait l’alcool. Il la frappa de
toutes ses forces. Elle cria de terreur. Le
tisonnier s’abattit sur elle avec une violence
inouïe. Elle hurla et s’écroula sur le sol gelé,
se tordant de douleur. Son visage ruisselait de
larmes et son corps était pris de violents
spasmes. Elle était entièrement recouverte
d’ecchymoses. Elle n’en pouvait plus. Elle voulait
que tout s’arrête. « DEGAGE ! ! ! ! ! ! FOUS-MOI
LE CAMP ! ! ! ! » Beugla-t-il. Il la frappa à
nouveau plusieurs fois avec la monstrueuse barre
de fer éclaboussée de sang. Il jeta soudainement
l’horrible instrument. Celui-ci alla briser une
vitre derrière lui. Le père se mit alors à lui
donner de violents coups de pied dans le ventre et
au visage. Il était surexcité et bavait encore
plus de rage et très certainement de plaisir. Elle
était paralysée. Paralysée de peur. Paralysée de
douleur. Elle n’était plus qu’une immense surface
rouge et tremblante. Elle ne pouvait même plus
crier. Ses cris donnaient place à un son rauque et
étouffé. Le père ouvrit la porte d’entrée de la
maison. Il recommença à la frapper dans le ventre
de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il réussisse à
la faire rouler violemment hors de la maison. Elle
heurta violemment le goudron enneigé. Il lui
cracha dessus et la frappa encore plusieurs fois
au visage et dans le ventre avant de refermer
violemment la porte.
Il faisait extrêmement froid. Elle était habillée
d’un simple pyjama et le thermomètre atteignait
les moins vingt et un. Son corps devenait bleu.
Elle avait énormément de mal à respirer. Ses yeux
étaient grand ouverts. Elle était incapable de se
lever. Elle ne put faire autre chose que trembler
de froid. La neige autour d’elle commença à
prendre une teinte rouge. Elle était extrêmement
faible. Son visage s’enfonça dans la neige
glaciale. Elle savait qu’à présent c’était fini
pour elle. Elle se voyait mourir petit à petit.
Elle, qui n’avait jamais arrêté de souffrir de
toute sa vie. Elle était née dans la violence.
Elle serait morte dans la violence. Elle, à qui
son père lui avait déjà tout volé. Son enfance. Sa
jeunesse. Son insouciance. Sa joie de vivre. Son
bonheur. Son sourire. Sa santé. Sa virginité. Tout
! Sa vie n’était qu’un torrent de sang, de cris et
de larmes. Rouée de coups dès deux ans. Violée dès
quatre ans. Obligée à dormir dehors dès six ans.
Ca ne s’est jamais arrêté. Sa mère subissait le
même traitement par ce même monstre. Elles n’y
pouvaient rien. Elles avaient trop peur de lui
pour en parler à d’autres personnes. Elle avait
déjà essayé une seule fois de porter plainte à la
police, mais on ne l’avait pas écoutée. On ne l’a
jamais écoutée. Elles ne faisaient rien d’autre
que subir. Elle avait beau implorer la pitié, cela
ne faisait qu’accroître la folle jouissance de ce
monstre. Plus elle suppliait, plus elle était
rouée de coups. Elle se sentait sale. Sale de
l’extérieur. Sale de l’intérieur. Plus jamais elle
ne pourrait se regarder en face sans penser une
seule seconde à ces tortures. Plus jamais elle ne
pourrait réserver sa virginité pour celui qu’elle
aimerait. Plus jamais elle ne pourrait se regarder
dans une glace sans poser le regard sur toutes les
cicatrices et toutes les marques qui recouvraient
son corps entier. Tout cela était fini depuis bien
longtemps. Elle se trouvait dans une prison dont
elle ne pourrait jamais ressortir. Elle ne serait
jamais libre. Elle serait toujours prisonnière du
désespoir et de l’horreur. Aujourd’hui aussi, il
s’en est pris à elle. Et à sa mère. Il l’a
frappée. Elle. Elle n’a pas arrêté de crier, et il
l’a tirée par les cheveux pour aller dans leur
chambre, puis le père a continué à crier. Elle ne
savait rien d’autre. Elle espéra de tout son cœur
qu’il ne l’avait pas tuée.
Une femme d’une cinquantaine d’années passa en
voiture près de la maison lorsqu’elle l’aperçut.
Elle s’arrêta aussitôt. Elle fut horrifiée à la
vue de la pauvre fille. Elle l’emmena tout de
suite à l’hôpital, sans se préoccuper du reste…La
fillette avait perdu connaissance.
Le lendemain matin, elle se réveilla dans un lit
blanc. La chaleur l’envahit. Elle regarda autour
d’elle. Tout était blanc. Blanc et chaud. Une
femme vint vers elle. Elle comprit après quelques
secondes qu’elle était infirmière. Elle demandait
où elle était et quel jour c’était. On lui
répondit qu’elle se trouvait à l’hôpital de
Honningsvåg, et que c’était le 25 décembre. 10h10
du matin. Elle alla passer une radiographie et se
fît poser un plâtre et de nombreux bandages tout
autour du corps. On lui annonça que l’après-midi,
elle allait recevoir la visite d’un inspecteur de
police. On lui demanda si elle se sentait apte à
répondre à ses questions. Elle baissa la tête et
acquiesça. Le midi, elle put manger en paix pour
l’une des rares fois de sa vie. Un repas aux
allures de Noël. Avec salade de saumon fumé en
entrée, dinde en repas principal, et chocolats en
dessert. Le premier Noël de toute sa vie qu’elle
put passer enfin en paix, sans cris, sans
violence, sans coups, sans viol, sans froid. Elle
éclata en sanglots devant son repas, en pensant
aussi à sa pauvre maman.
Vint l’interrogatoire dans l’après-midi. Elle
parla d’une voix très faible, le visage exprimant
de la pitié à l’inspecteur de police qui venait
d’arriver à son chevet. C’était un homme d’une
quarantaine d’années. Il parla d’une voix
extrêmement douce et rassurante, si bien qu’elle
eut l’impression qu’il chuchota. Cette voix était
tellement agréable à ses oreilles !
«- Bonjour. Je suis l’inspecteur Stein Ove
Borger……..tu peux m’appeler Stein…….…tu va mieux
?
- Un peu mieux………..
- Bien………il va falloir que tu me racontes ce qu’il
s’est passé……je vais te poser quelques questions
auxquelles il te faudra répondre…….tu veux bien
?……(Elle acquiesça silencieusement d’un signe de
tête)……..bien……allons-y………comment tu t’appelles ?
- Kristina Halvik.
- Tu as quel âge ?
- J’ai 12 ans.
- Tu es née quand et où ?
- 27 octobre 1992 à Honningsvåg.
- Hm….. tu habites ici aussi, je crois ?
- Oui…….
- Bien…….tu peux me raconter ce qu’il s’est passé
hier dans la nuit?……si tu te sens, bien
entendu………
- ……………ça a commencé quand mon père est rentré
saoul………il a voulu me violer mais m’a mère s’est
interposée. ……………
* * *
« - NOON!!! CETTE FOIS-CI, TU NE LA VIOLERAS PAS!!
SALE PORC!!
- QU..QUOI?????
- T’AS QU’AS LE FAIRE SUR MOI!! HEIN?? ALLEZ!!
VIENS!!! T’AS LA TROUILLE OU QUOI??? SALE
PORC!!!!! ALLEZ!!! BAISE-MOI!!! QU’EST-CE QUE
T’ATTENDS??? T’AS LA TROUILLE, C’EST CA???
- SALOOOOOOOOPE ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
!(Il la frappa avec le tisonnier aussi fort qu’il
put. Elle hurla de douleur, mais parvient à se
redresser au bout d’un petit moment, tremblante).
- MAMAN ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
- T’AS VU ? JE SUIS RESISTANTE ! HEIN ? C’EST
MIEUX QUAND ON TABASSE UNE FEMME ! ! ON PEUT LA
VOIR AGONISER PLUS LONGTEMPS ! !C’EST PLUS
JOUISSIF ! ! ! ! HEIN ? ? ? T’AIME CA, HEIN ? ? ?
SURTOUT LES COUPS DE PIED DANS LE VENTRE ! ! !
T’ADORE CA, PAS VRAI ? ? ? ? ?
- T’EN VEUX ENCORE ? ? ? (Il la frappa à nouveau
avec la même immondice. Elle se releva, malgré la
douleur et les plaies ouvertes, encore plus
tremblante).
- MAMAN ! ! ! ! ! JE T’EN PRIE ! ! ! ARRETE ! ! !
! ! !
- TU VOIS ? ? ? ? JE SUIS ENCORE DEBOUT ! ! ! !
TABASSE-MOI ENCORE ! ! ! JE SUIS PAS ASSEZ
COUVERTE DE SANG ! ! ! ! ALLEZ ! ! ! ! ! ! A MOINS
QUE TU PREFERES ME BAISER ? ? ? ! ! ! NON ? ? ?
T’AS PAS ENVIE ? ? ? JE TE FAIS PAS ENVIE ? ? ? OU
BIEN T’AS PAS LE CRAN DE LE FAIRE ? ? ? ? ?
- TU VAS LA FERMER, SALE PUTE ? ? ? ? ? ?! ! ! ! !
! (Il la frappa encore plusieurs fois très
violemment. Elle parvint à se relever. Elle était
couverte de sang et tenait à peine sur ses jambes,
tremblant de tout son corps).
- MAMAN ! ! ! ARRETE ! ! ! ! ! JE T’EN SUPPLIE !
!…..
- TU PUES L’ALCOOL, EN PLUS DE CA ! ! ! TU ES
IMMONDE ! ! ! !
- MAMAN, ARRETE ! ! !
- NON, MA CHERIE ! LAISSE-MOI ! ! JE VEUX QU’IL
COMPRENNE BIEN CE QUE J’AI A LUI DIRE ! ! !
- ARRETE ! ! MAMAN ! ! ! IL VA FINIR PAR TE TUER !
! !
- ALORS ? ? ? ? JE SUIS COUVERTE DE SANG ! ! ! TU
PEUX ME BAISER, MAINTENANT ! ! ! ! JE SUIS EN
BONNES CONDITIONS ! ! ! ALLEZ, GROS PORC ! ! ! !
T’AS PAS LE CRAN C’EST CA ? ? ? ? TU PREFERES MA
FILLE ? ? ? ? ELLE EST PLUS FAIBLE ! ! ! C’EST
MIEUX, HEIN ? ? ?
- TU LA FEEEEEERMES ! ! ! ! ! ! ! ! ! (Il lui
assena un coup terrible au cou. Elle s’écroula sur
le sol).
- MAMAN ! ! ! NOOOOOON ! ! ! ! !
- FERME-LAAAA ! ! ! ! ! ! ! ! »
Il se retourna vers sa fille pour lui porter un
violent coup de tisonnier sur le flanc. Elle hurla
de douleur et s’écroula par terre. Il tira la mère
agonisante par les cheveux et grimpa les escaliers
jusqu’à sa chambre où il s’enferma avec elle et où
il continua à crier.
* * *
- …….( Elle éclata en sanglots)……….Hm………….Et
ensuite ?……………. Que s’est-il passé ?……………
- Il est redescendu et m’a dit de dégager. Il m’a
frappée partout. Au ventre et au visage, surtout !
Il m’a frappée jusqu’à ce que je sois dehors et il
a continué à me frapper avant de refermer la
porte.
- Hm……….et ensuite ?…….
- Je ne sais rien d’autre……..je me suis retrouvée
ici……..
- Bien………merci beaucoup, Kristina…………tu es
courageuse………
- Vous savez comment va ma mère ?
- Helga Halvik ? C’est bien ça ?……….
- Oui………elle va bien, n’est-ce pas ? ? ?
- ………………………..Nous avons arrêté ton père. Il est en
prison. Il ne te fera plus jamais de mal……
- Maman ?………….Elle est où ?……….Elle va bien
?…….Fit-elle, larmoyante.
- Elle…………………….(Il poussa un très long soupir).
- Elle est morte?…………….(L’inspecteur se résigna à
lui cacher la vérité et hocha la tête, silencieux,
ne sachant que dire. Aucun mot n’était valable
pour décrire une telle souffrance, aussi le
silence fut-il la meilleure réponse possible. Il
resta silencieux pendant un petit moment, alors
qu’elle sanglota en poussant des gémissements
déchirants).
- …………Tu n’es pas obligée d’assister au procès……….
Je me charge de tout………Tu pourras aller dans un
foyer où tu pourras avoir une vie plus
paisible…………Je te le promets……..
- …………………….. Je voudrais voir ma maman
!………….Fit-elle, rassemblant tout son courage, les
yeux en pleurs et la voix frêle.
- Je ne peux pas……….le médecin doit l’examiner
pour dire comment elle est décédée…….ça servira
comme preuve au procès…….. tu comprends ?……….
- Je veux la voir………………..
- …………Ce n’est pas très beau à voir………………
- Je veux la voir……..
- ………bien………….tu veux y aller maintenant
?……….(Elle hocha la tête)………..Tu en es vraiment
sûre ?……….. tu seras prête à affronter une telle
épreuve ?……….
- Je veux juste la voir……………maintenant………..
- …………..Bien……….. attends….je vais appeler une
infirmière, dans ce cas……. (Il s’éclipsa quelques
instants et revint accompagné d’une infirmière).
- Bonsoir. Fit l’infirmière à Kristina. Ainsi,
tu…..tu veux aller voir ta maman ?………
- Oui !…….Fit-elle, en s’énervant, toujours en
pleurs.
- Bien……….tu penses pouvoir marcher ?
- Oui !……………………
- ……………je…….je suis désolée pour ta
maman…………(Kristina resta silencieuse). Bien,
monsieur l’inspecteur…….écoutez……ça m’embarrasse
vraiment qu’elle aille voir le corps de sa
mère…….
- Moi aussi……....mais je n’ose pas refuser…….elle
veut absolument voir sa mère……
- Elle est trop jeune pour ce genre de choses……..
- Vous pouvez lui dire, vous ?…… « Non, tu ne peux
pas la voir ! » ?
- (Elle poussa un long soupir)…….pauvre petite.
Faites en sorte que ce ne soit pas trop dur à
regarder pour elle. D’accord ?
- Ne vous inquiétez pas pour ça.
- Bon…….mais vous me promettez de me la ramener
vers 18 heures grand maximum.
- Promis…… »
Ils furent bientôt à la morgue. L’inspecteur alla
parler seul à seul avec le médecin légiste pour
lui expliquer la situation : ……..
« - Bien, je vais recouvrir les parties amochées
de la tête…..ça va pas être évident, elle a le
crâne défoncé…….
- ………elle est morte de quoi, très exactement ?
- D’un coup violent porté sur la tempe gauche qui
a provoqué une hémorragie cérébrale. Avec le
tisonnier. Mais ce n’est pas le pire.
- Quoi d’autre ?
- Son agresseur s’est acharné sur elle comme un
enragé. Son crâne est défoncé à l’arrière, et au
niveau de chacune des tempes. Et ce n’est pas
tout. Elle a une énorme marque au niveau du coup.
Un coup sérieux. De plus, la peau du ventre tient
à peine. C’est tout juste s’il ne l’a pas
éventrée. Autre chose aussi, elle a des marques et
des cicatrices sur tout le corps. D’anciennes,
mais aussi qui datent de sa mort.
- Je m’en suis douté. J’ai vu le spectacle. La
salle était remplie de sang, partout sur les murs,
sur le sol……c’est horrible……..
- Ce n’est pas tout………
- Quoi d’autre ?
- Elle a été violée…………..après sa mort.
- ………… mon dieu…….bon écoute, montre-lui quelques
instants et remets le corps en place…..
- D’accord……. »
Le médecin légiste sortit le corps, et sa fille
s’approcha. Elle avait les larmes aux yeux. On lui
demanda une dernière fois si elle voulait la voir.
Elle répondit que oui. Le médecin souleva le drap,
découvrant le visage à demi couvert de sa mère.
Elle fondit en larmes, la regarda pendant quelques
secondes et déposa un dernier baiser sur la joue
de sa défunte mère avant que le médecin ne la
recouvre. Elle s’écroula brutalement et manqua de
s’évanouir de chagrin. L’inspecteur Borger la
rattrapa dans ses bras avant qu’elle ne heurte le
sol. Elle n’en pouvait plus. Elle se laissa
finalement s’évanouir, à bout de forces.
L’inspecteur Borger la ramena à l’hôpital et dû
s’expliquer de son état devant l’infirmière, ce
après quoi il repartit.
Elle se réveilla dans la nuit. Elle était allongée
dans son lit. Il faisait nuit noire mais malgré
cela, elle y voyait assez bien. La tempête faisait
rage dehors. Le vent soufflait violemment. Il
tombait toujours autant de neige. Elle se sentait
chanceuse d’être au chaud et au calme, alors
qu’elle avait toujours connu le froid. Elle
recommença à pleurer et fît tout pour se retenir
pour ne pas éclater en sanglots. Elle avait
tellement mal ! Son cœur lui semblait dur comme de
la pierre et battait lourdement, chaque pulsation
lui était une douleur insupportable, sa gorge
était sèche et resserrée et son estomac, noué
comme un nœud de marin. Le visage de sa mère la
hanta durant toute la nuit. A bout de forces, son
esprit finit par s’évanouir dans le noir.
Elle se réveilla le lendemain pour le déjeuner, et
quand elle eut fini son repas qu’elle avait
timidement grignoté pour en laisser la majorité du
contenu, avant qu’il fasse à nouveau nuit,
Kristina demanda à son infirmière si elle pouvait
être emmenée jusqu’à la falaise du fjord pendant
une heure, afin de se recueillir et de rendre
hommage à sa mère. Cette dernière accepta et la
fillette fut confiée à la personne adéquate.
Kristina fut emmenée dans un fauteuil roulant,
afin qu’elle ne s’épuise pas. La falaise n’était
pas très loin de l’hôpital. Avant d’y parvenir,
elle demanda à acheter deux chrysanthèmes, ce qui
fut accepté. Une fois près de la falaise, elle
demanda à rester seule un moment. Elle réussit à
négocier le fait qu’elle soit laissée seule et
reprise une heure plus tard pour être ramenée à
l’hôpital. A présent, elle était seule.
Seule face à l’océan glacial arctique. Seule face
au pole nord. Seule face aux glaciers de la
banquise hivernale encore plus au nord. Seule face
à l’infini.
Tout ce qu’elle avait vécu était tellement
injuste. Elle venait de perdre la seule personne
qui lui était chère. Et d’une horrible façon. Elle
le savait. Elle avait entendu la conversation
entre l’inspecteur et le médecin légiste. Mais
elle ne leur en voulait pas. Elle comprenait tout
à fait.
Il était midi pile. Il faisait encore jour. Un
jour assombri par de lourds nuages. Un ciel gris,
presque noir. Il neigeait et pleuvait en même
temps. Un phénomène que l’on appelle en Norvège
«sludd ».
Elle se remémora toute sa vie. Tous les cauchemars
qu’elle a du vivre. Que sa mère a du vivre. Elle
avait tellement mal au cœur d’avoir un tel monstre
comme père ! Elle se souvenait que sa mère lui
avait dit un jour qu’elle était allée chez le
notaire pour faire un testament. Qu’elle lui avait
demandé si elle était d’accord, si elle voulait
elle aussi la même chose. Elle avait répondu oui.
Et que ainsi, lorsqu’elles seraient mortes, leurs
corps seraient incinérés et leurs cendres jetées
dans la mer arctique. Sa mère allait faire partie
des glaces polaires, maintenant. Elle allait enfin
être en paix. En arctique. L’un des rares lieux
qui soient encore à peu près vierges et respectés.
Elle se remémora le visage de sa mère morte. Cette
image serait gravée à jamais dans sa mémoire.
Comme l’étaient les cicatrices sur son corps.
Comme l’était sa virginité rompue, violée. Elle se
remémora comment sa mère avait réagi
l’avant-veille, en se sacrifiant pour lui éviter
de souffrir une nouvelle fois. En donnant sa vie
pour essayer de préserver la sienne. Elle y pensa
sans arrêt. C’était tellement difficile, pour
elle. Elle se sentait tellement faible ! Tellement
sale ! Tellement désemparée ! Elle sentait qu’elle
n’avait plus la force de lutter. Son père l’avait
trop détruite pour combattre plus longtemps. Tout
était fini. Elle le savait. Elle savait qu’une
nouvelle vie était prête à lui tendre les bras.
Son état ne pouvait que s’améliorer. A moins
qu’elle ne retombe dans l’enfer des hommes. Dans
ce monde pourri où les hommes sont principalement
des porcs dégueulasses et des monstres, et dans
lequel personne ne connaît rien à la pitié. Son
passé l’avait rattrapée depuis longtemps. Ses
blessures, elles, seraient toujours là. Quoi qu’il
arrive. Elle ne serait plus jamais propre. Son
histoire était gravée dans son corps. Elle se
remémorerait à chaque instant ce qu’elle avait du
subir. Chaque marque. Chaque cicatrice. Chaque mal
de ventre. Chaque fois qu’elle se déshabillerait.
Chaque fois qu’elle se rhabillerait. Chaque fois
qu’elle prendrait sa douche. Chaque fois qu’elle
utiliserait un tampon hygiénique. L’horreur serait
en sa mémoire en permanence.
Elle écouta longtemps le bruit des vagues. Il
faisait très frais, en ce 26 décembre. Un peu de
vent. Des larmes coulèrent sur ses joues. Elle se
rapprocha jusqu’au bord de la falaise. D’un geste
gracieux, elle jeta les deux chrysanthèmes blancs
dans l’océan. Comme un symbole éternel entre sa
mère et elle. La seule personne qui la comprenait.
Sa seule amie sur qui elle pouvait vraiment
compter. Il fallait à présent qu’elle se libère de
cette prison qui la retenait depuis si longtemps.
Il fallait qu’elle en finisse avec toutes ces
horreurs. « Pardon maman !……Je ne peux plus…… je
souffre trop……je dois me libérer de cette prison,
maman……je te remercie d’exister pour moi, maman !
Oh ! Pauvre maman ! Tu as tellement souffert !
Nous avons tellement souffert toutes les deux !
J’espère que tu me pardonnes ! Maintenant, nous
serons ensemble ! Pour toujours ! Merci, maman !
Merci ! ».
Elle se leva de son fauteuil roulant, respira
fortement, et se jeta dans le vide du bord de la
falaise. Sa tête heurta violemment les rochers.
Elle mourut sur le coup et son corps fut emporté
vers les glaces, dans l’infini de l’océan.
Elle venait de s’affranchir de ce monde. Elle
était enfin libre. _________________ Juger est interpréter, mais interpréter n'est pas comprendre. Aussi vaudrait-il mieux commencer par ne pas juger si l'on veut commencer à comprendre. |
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Galatasarai

 Chevalier
Age: 24 Inscrit le: 18 Juil 2006 Messages: 76
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Posté le: 08 Mar 2007, 16:07
Sujet du message: |
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C’est assez spécial… et vraiment très violent. Je
trouve même qu’il y a des détails qui auraient le
mérite de n’être pas rajouté, car à force, on une
description de la violence pour la violence, et
non pas pour une dénonciation.
La fin est aussi très pessimiste, je le suis aussi
par nature, mais pas jusqu’au suicide. Surtout
pour une fille de douze ans, je ne pense pas qu’on
puisse en arriver à une telle extrémité, comme si
la délivrance ne passe obligatoirement que par la
mort. Enfin, c’est ce que veux aussi dire le titre
de la nouvelle, donc, cela exclu le bonheur
terrestre, du moins sa recherche. C’est surtout en
cela que c’est profondément pessimiste. |
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noorvensen  L'Etoile Chihi

 Dirigeant
Age: 25 Inscrit le: 05 Mar 2007 Messages: 137 Localisation: sammen med kjæresta mi
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Posté le: 08 Mar 2007, 16:30
Sujet du message: |
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merci de m'avoir lu ^^
En fait, j'ai justement mis tous les détails
possibles pour créer un choc au lecteur et pour
qu'il se rende compte de tous les effets que ca
peut engendrer. La fin pessimiste m'a semblé la
meilleure fin possible car j'ai voulu faire passer
un message : arrivé à un certain niveau de
violence, toute la réalité change, et tout se
transforme en quelque chose de totalement
différent de ce que l'on connait. Ce qui amène a
des réactions bizarres, voire meme choquantes.
(evidemment le suicide est romancé mais si je me
souviens bien j'avais pris connaissance de
deux/trois cas comme ca ou des enfants tres jeunes
s'etaient suicidés, comme quoi meme si c'est tres
rare, l'esprit humain reste insondable certaines
fois). Aussi, certains traumatismes semblent selon
les personnes quasiment impossibles à réparer,
quoi que l'on fasse; C'est ce que j'ai voulu
montrer avec le passage des cicatrices. Ainsi,
meme si le malheur de la personne a pris fin,
l'impact psychologique continue toujours.
J'ai tenté ici le risque de mettre beaucoup de
violence, mais justement celle-ci n'est pas
gratuite (en tout cas ce n'est pas mon intention),
mais j'ai voulu essayer de faire ressentir la meme
souffrance au lecteur pour qu'il puisse réaliser
aussi que certaines fois, dans ce genre de
violences familiales, certaines victime ne peuvent
helas pas faire grand chose.....
C'est un peu une sorte de mythe également que j'ai
voulu briser.....
edit: oui j'ai oublié de préciser, aussi, des
fois, le niveau de violence devient tel qu'à un
moment il devient tres difficile de cerner la
situation, pour une personne en général, alors que
bien souvent, la violence semble dépasser les
limites de notre imagination dans certaines
situations extremes. Le titre est en effet
révélateur, car c'est à la fois cette solution
dont tu parles mais aussi une triste ironie car
quand la mort devient une liberté, surtout pour
quelqu'un d'aussi jeune, c'est que la situation
est vraiment des plus urgentes. C'est aussi pour
ce double aspect que j'ai choisi ce titre. Voilà
je crois ne rien avoir oublié. Je suis la si tu as
d'autres questions. _________________ Juger est interpréter, mais interpréter n'est pas comprendre. Aussi vaudrait-il mieux commencer par ne pas juger si l'on veut commencer à comprendre. |
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