noorvensen  L'Etoile Chihi

 Dirigeant
Age: 25 Inscrit le: 05 Mar 2007 Messages: 137 Localisation: sammen med kjæresta mi
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Posté le: 28 Mar 2007, 15:03
Sujet du message: nouvelle : l'abolition |
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Voici le deuxième de mes textes, chronologiquement
parlant.
ps: pour le feminin employé, j'ai juste voulu
faire en sorte qu'on ne sache rien sur le
protagoniste, le genre feminin sert donc a
designer une âme errante, et comme une âme est
feminin en francais, donc....
ps2: comme musique d'ambiance pour le texte,
j'avais ecoute trois morceaux qui se ressemblemt
beaucoup, dans l'OST de Silent Hill 2 : morceaux
2, 13, 17. (surtout 13 et 17).
L'abolition
Je flotte dans les ténèbres, légère comme le vent
et sombre comme l’obscurité qui a envahi mon cœur.
Je ne respire pas mais je ferme les yeux. Je ferme
les yeux et je me laisse emporter par les
ténèbres. Je me vois crier au loin, engloutie par
les profondeurs abyssales, tel un trou noir
emprisonnant la lumière. Mon cœur est malade, mon
cœur n’est plus. Mes soupirs se fondent dans le
vent. Mes plaintes se fondent dans la tempête. Mon
ombre se fond dans le brouillard. Mon âme cherche
à se libérer de ses tourments. Il fait jour mais
les ténèbres règnent. Comme si la lumière avait
pris part dans ce jeu du chat et de la souris avec
la mort. Comme si la lumière était devenue la
mort, et l’obscurité, la paix. Je ne viens de
nulle part et mon âme erre sans but, traînant ses
plaintes chaotiques comme un prisonnier traîne son
boulet. Mon cœur ne bat plus car mon cœur est
mort. Transpercé de mille parts comme une vierge
de fer transperce sa malheureuse et innocente
victime. Mes cris résonnent comme des échos mais
personne ne les entend. Mes cris s’entrechoquent
dans l’océan de glace rouge s’entendant vers
l’infini. Mon corps est attiré vers cet océan mais
je me retrouve toujours au même endroit. Ce même
palais de lames où se déchaînent démons et anges.
Là où se perdent les plaintes des innocents et les
rires des condamnés. Là où se mélange les océans
de sang avec les torrents de larmes. Là où rugit
le feu emprisonné de toute raison. Ma solitude est
infinie tout comme le chaos régnant en maître.
Personne ne m’entend là où je suis. Personne ne me
voit, car je suis dans un autre monde. L’océan de
sang me fait face. Des cadavres m’appellent pour
jouer avec eux, tandis que d’autres hurlent sous
les lames des vierges sanglantes. Je ne ressens
pas de pitié. Leurs cris atroces résonnent et
s’entrechoquent dans ma tête mais ils n’ont aucun
sens pour moi. Je ne les comprend pas. Je ne
cherche pas à les comprendre. J’assiste au macabre
spectacle de manière insipide, le regard se
perdant dans leur douleur. Les vierges de fer
voient la chair des faibles pourrir sur leur lames
tandis que les araignées de l’affliction plongent
dans les océans à la recherche de suppliciés à
dévorer. Mes yeux ne sont plus que désespoir et
larmes. Du sang coule de mes globes vides et
attire les corbeaux au service du tourment. Des
anges bannis du paradis vers l’enfer, pour se
retrouver dans un monde où rien n’a plus aucun
sens. Le paradis se trouve sous terre et l’enfer
s’y trouve dessus. Et les rôles s’interchangent à
l’infini en harmonie avec le doux rugissement des
torrents de sang et de larmes. Un concert de rires
et de sanglots sans queue ni tête. Dans un monde
où les décors s’étirent, se brisent, se
recomposent et s’interchangent dans un perpétuel
non-sens. Là où la raison n’existe plus. Là où
l’essence n’existe plus. Là où tout est interdit.
Là où tout est permis. Là où les crimes s’effacent
mutuellement dans une harmonie fraternelle.
L’abolition de tout. L’abolition tout court. Je
vois un enfant sur une balançoire. Une âme perdue
dans l’infini à la recherche de l’autre monde. A
la recherche de son passé. Sa bouche se fend en un
rire horrible explosant ma tête de ses échos,
montrant ses chairs liquéfiées et rougies par le
feu. Ses cheveux sont collés par son sang
desséché, mais je ne sens rien. Je ne peux pas
sentir. Je ne ressens rien à part un plaisir
intense mais insignifiant à mes yeux. Son corps se
fend lentement, découpé par la brise matinale et
la chaleur des océans enflammés. Baal s’est
réveillé et réclame des sacrifices. Les montagnes
d’âmes en perdition se jettent dans le feu de leur
Dieu, aveuglés par ce monde qui se fond dans
l’autre. Je me sens légère comme le vent et leurs
cris de terreur sont ma berceuse de minuit. Leurs
cris délicieux m’enlacent, me faisant fondre dans
une extase indescriptible. Lilith m’ensorcelle par
sa beauté. Je ne suis qu’une plaie vivante, rougie
par mon propre sang, souillé par celui des autres
dont je me délecte. La beauté est le premier stade
de l’horreur. Les frontières de ce monde sont
infinies et la folie envahit ses habitants. Les
bains de sang ne me font plus d’effet car je suis
pure. Et mon âme se languit de cette pureté. Une
pureté vide de sens dans un monde où les mots ne
servent plus à rien. Car seuls la solitude et le
silence nous guident vers des secrets inavoués.
Des secrets que chacune de ces âmes renferme
jalousement sans vraiment les connaître. Sans les
connaître du tout. Car ils protègent leur propre
enfer par des ouragans de sang. Ce sang est sale,
souillé par la terreur que leur infligent leurs
bourreaux pour se protéger de leurs angoisses.
L’appel de Lilith réveille les monstres
sommeillant dans mon cœur. Des monstres qui
s’apprivoisent et qui se déchirent dans un chaos
incompréhensible et irrésistible. Des monstres
sans nom pour une âme sans nom. Car je n’ai pas
besoin de nom pour exister. Ces monstres sont mon
reflet, dans ce monde où je suis à la fois entouré
de millions d’âmes et où il n’y en a aucune. Car
elles n’ont pas besoin d’être pour exister.
Certaines sont au bord du gouffre soupirant ;
d’autres se sont résignées, terrifiées. Mais le
résultat est le même. Nous sommes tous dans ce
gouffre qu’est notre monde. Et nous errons sans
but. Nos cœurs ont été vidés et nos âmes,
dépouillées de toute mémoire et de toute essence.
Dans un monde où plus rien n’a d’importance. Dans
un monde libre, déchaîné des enfers pour être
emprisonnés à nouveau. Dans un monde où la vérité
ne triomphe jamais et où ses adversaires finissent
par mourir. Là où le néant n’est pas car il n’en a
pas besoin pour exister. Là où les frontières du
monde se brisent au son des soupirs abyssaux.
Pourquoi rechercher quand on existe dans un monde
où plus rien n’a de sens ? Je me sens mouvant dans
ces airs, portée par la chaleur torride des
flammes infernales du jour. Portée par les glaces
nocturnes transperçant mon cœur pour y étinceler
d’une noirceur éclatante. Ici où les démons
pactisent avec les anges, je m’y suis rendue de ma
propre volonté. La vie mène à tout à condition
d’en sortir. Me voici. Sans le savoir, j’avais
pris le seul chemin possible une fois sorti de
l’autre monde. Ce chemin sinueux explosant sous la
pressions des bords de ces mondes, tel un
brise-glace tentant de désunir les glaces d’une
banquise en perpétuel renouveau. Je ne sais pas où
je me trouve mais je n’ai plus besoin de le
savoir. Car savoir n’a plus de sens, ici. Il n’a
pas besoin d’en avoir pour exister. Car
l’impossible est la voie de ce monde. Le premier
degré allant au-delà de toute compréhension de ces
êtres de peu que nous sommes. A quoi bon chercher?
Il fait noir à présent. L’obscurité m’envahit, un
courant salvateur parcourant mon corps. Je me
divise et me recompose dans un carcan infernal. Un
carcan salvateur. La lumière de mon cœur meurtri
s’éteint peu à peu. J’explose sous les yeux de ma
déesse de la mort. Les plumes acérées qui me
composent tourbillonnent avec grâce, brillant de
mille feux. Je me voit dans l’autre monde. Je crie
quelque chose que je ne peux pas entendre. Je
n’entends plus rien. Ma lumière s’amenuise peu à
peu, se fondant dans le noir infini. Mon âme
voyage vers un autre monde. J’espère que ce
nouveau monde sera le témoin d’une paix éternelle
qui aura un sens. Mon âme a disparue dans
l’obscurité. A présent, je n’erre plus dans
l’abolition du monde. Je n’erre plus dans ce monde
d’abolition.
Je ne suis plus. Car je n’ai plus besoin d’être
pour exister. _________________ Juger est interpréter, mais interpréter n'est pas comprendre. Aussi vaudrait-il mieux commencer par ne pas juger si l'on veut commencer à comprendre. |
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